Utiliser Internet à des fins de surveillance dans le domaine de la santé

Home / Événements / Utiliser Internet à des fins de surveillance dans le domaine de la santé

Utiliser Internet à des fins de surveillance dans le domaine de la santé

Dans le cadre de la série de séminaires Internet et santé, avait lieu le 1er avril dernier, dans les locaux du Groupe de recherche Médias et santé de l’UQAM,  une conférence de Louis Robert Frigault, de la Direction de santé publique de Montréal (DSP),  intitulée  «Surveiller l’état de santé de la population sur Internet : enjeux et défis pour les organisations de santé publique». (Voir la vidéo)

M. Frigault a tout d’abord souligné le fait que la santé publique s’intéresse de plus en plus au potentiel d’Internet et des médias sociaux pour surveiller de l’état de santé de la population car ces outils permettent de recueillir des informations pertinentes, même si les échantillons ne sont pas représentatifs. M. Frigault a ensuite tracé un portrait global des activités de la DSP relativement à l’un de ses mandats : l’information de la population et  la surveillance populationnelle. Lors de  sa conférence, M. Frigault s’est restreint à la surveillance populationnelle, qui englobe trois champs d’activités principaux, à savoir : la protection, la prévention et la promotion.

La collecte de données

Afin de recueillir des données permettant la planification de ses activités de surveillance, la DSP utilise deux types d’outils : les données administratives provenant du système de santé et les enquêtes populationnelles permettant des généralisations à l’ensemble d’une population donnée.

Au cours des dernières années, de nouveaux défis sont toutefois apparus en lien avec la cueillette d’informations. En effet, différents facteurs, tels que le faible taux de réponse et la baisse de la représentativité des enquêtes téléphoniques traditionnelles, introduisent des biais dans l’ensemble des données recueillies. Internet devient donc une solution intéressante pour pallier à ces difficultés.

Le cas de la grippe A (H1N1)

M. Frigault a ensuite présenté une initiative de la DSP relativement au cas de la grippe A(H1N1) qui constitue un cas de surveillance en situation de crise. L’objectif de la DSP consistait à suivre l’état de la grippe en temps réel. Pour surveiller l’évolution de la grippe dans l’ensemble de la population montréalaise, on a procédé à une analyse de données administratives issues des services de santé et à des enquêtes téléphoniques auprès de la population. Toutefois, bien que ces initiatives produisent des résultats intéressants, elles coûtent cher et accusent toujours un retard par rapport à la situation actuelle : un effort s’imposait donc pour obtenir des données plus rapidement.

La DSP a alors lancé le site Internet Grippe Montréal qui, grâce à la participation de la population montréalaise, visait à suivre l’évolution de la grippe en temps réel. Cette initiative s’inspire de sites comme Google Flu Trend et Health Map, ainsi que de systèmes nationaux de surveillance mis en place dans différents pays lors de la pandémie de grippe A(H1N1). Grippe Montréal, dont la diffusion a été essentiellement virale, demandait aux internautes de s’inscrire sur le site, puis de remplir de courts questionnaires hebdomadaires documentant leur état de santé et celui de leur entourage au cours de la semaine précédente. Des questions d’ordre sociodémographique permettaient également de créer le profil des répondants.

Voici la vidéo de la présentation de M. Frigault.