Le séminaire «Internet et santé mentale» souligne l’importance pour les professionnels de la santé mentale d’assurer une présence en ligne

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Le séminaire «Internet et santé mentale» souligne l’importance pour les professionnels de la santé mentale d’assurer une présence en ligne

Le 1er séminaire «Internet et santé » qui se tenait à l’université McGill, le 28 janvier 2011, examinait la façon dont Internet transforme les pratiques en santé mentale.  Les quatre conférenciers rattachés à l’Institut Universitaire de santé mentale Douglas dressent un constat commun : les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale et leurs proches sont de plus en plus nombreux à se tourner vers Internet pour mieux comprendre les troubles qu’ils vivent. Plusieurs facteurs contribuent à cette popularité d’Internet :

1)      le caractère sensible des problématiques de santé mentale  (Internet permettant une recherche sous le couvert de l’anonymat);

2)      la méconnaissance des troubles et des services en santé mentale au sein de la population (faciliter l’accès à une information claire et fiable sur ces questions est donc nécessaire, notamment, pour lutter contre la stigmatisation dont fait encore l’objet la maladie mentale);

3)      l’accessibilité  insuffisante aux services de santé mentale (manque de ressources  et enjeux émotifs entourant le recours aux services, par exemple, pour les personnes souffrant d’agoraphobie).

Les conférenciers soulignent également la progression des questions de santé mentale dans les médias sociaux (blogues, groupes Facebook, forums réunissant patients et/ou proches aidants, Yahoo ! Answers, etc.) dont plusieurs constituent de véritables communautés offrant information et support.  La qualité de l’information semble toutefois très variable dans ces espaces d’échange où les professionnels de la santé mentale sont encore très peu présents.

Les 3 conférences présentaient différentes initiatives menées par les chercheurs de l’Institut universitaire Douglas pour diffuser de l’information sur la santé mentale via les médias sociaux :


Camillo Zachia a présenté le blogue qu’il anime pour faire connaître les troubles  de santé mentale et lutter contre le stigma, ainsi que la campagne «Le cerveau, aussi , a besoin d’amour», diffusée par l’Institut Universitaire Douglas sur YouTube. (voir cette communication)

Christophe Herbert dont la présentation visait à dresser un panorama des usages d’Internet en santé mentale, mentionne le site interactif InfoTrauma, développé avec Alain Brunet dont l’objectif est d’offrir de l’information sur les troubles de stress post-traumatiques aux victimes, à  leurs proches et aux professionnels. Un cours en ligne  pour les intervenants et les professionnels de la santé sera prochainement lancé. (voir cette communication)

Michel Perreault et Annick Laverdure présentaient l’enquête en ligne qu’ils avaient réalisée pour cerner les difficultés que rencontrent les personnes souffrant de troubles anxieux et leurs proches pour accéder aux ressources. Sur la base de ces résultats, ils sont en train de développer une intervention dont l’objectif sera d’assurer une présence des professionnels de la santé mentale dans des groupes d’entraide en ligne sur les troubles anxieux. Leur conférence mettait  également en évidence le potentiel que présente Internet pour la recherche en santé mentale. (voir cette communication).

Ces initiatives tout à fait passionnantes constituent des exemples des différentes formes que peut prendre l’intervention des professionnels de la santé mentale sur Internet. Elles soulèvent toutefois certains enjeux. Ceux-ci concernent tout d’abord les personnes rejointes en ligne.  En effet, si l’utilisation d’Internet progresse, les internautes, et notamment ceux qui s’intéressent aux questions de santé, restent encore plus scolarisés que la moyenne, ce qui pourrait conduire ce type d’intervention en ligne à accroître les inégalités en santé. Les modalités d’évaluation de ces interventions sont aussi à développer, la fréquentation de ces différents sites ou plateformes constituant des données évidemment insuffisantes. Enfin, comme le souligne Camillo Zachia si ces initiatives contribuent à sensibiliser la population et à améliorer les connaissances concernant les problématiques de santé mentale et les ressources disponibles, la question de l’accessibilité aux services demeure.

Au-delà de ces interrogations, l’une des conclusions du séminaire est que la présence des professionnels de la santé mentale sur Internet et sur les médias sociaux n’est plus une option. Les problématiques de la santé mentale font déjà l’objet de multiples échanges en ligne. Il appartient maintenant aux acteurs de la santé mentale (professionnels et institutions) de s’y positionner.